Impression, distribution, diffusion : le monde de l’édition
Qu’on se le dise : l’auto-édition a toujours existé.
“Mais 50 Shades date de-…” Oh, la ferme !
50 Shades n’a rien inventé. De fait, plusieurs oeuvres que vous aimez encore aujourd’hui et qui datent d’avant internet ont été auto-éditées avant d’avoir du succès dans le monde entier.
Par exemple…
Les Tortues Ninja.
“Gné ?” Oh, la ferme !
Tu commences à m’agacer, Jean-Charles !
Didiou !
Pour ceux qui ne le savaient pas : les Tortues Ninja, à la base, c’est un comics très sombre, auto-édité par deux grands fans de comics, et ça a connu un succès monstre. On en parle encore aujourd’hui, et les adaptations sont légion. Films, dessins animés, BDs éditées par IDW, crossovers avec Batman, Naruto, etc…
Par contre, si vous commencez à aborder le sujet du Spécial Noël, je vous écharpe tous. Ce truc, c’est quand même la preuve que NON, “c’était pas mieux avant”. Boomers.
Ok, ok, j’arrête de vous enguirlander.
Contrairement aux Tortues du Spécial Noël.
Ce que je veux dire, c’est que le monde de l’édition, c’est un univers complexe. On parle d’un milieu similaire à un gros cheesecake : les grands noms de l’industrie mangent le gâteau, les éditeurs de moyenne taille peuvent espérer avoir la croûte, et les indépendants doivent se taper les miettes. Bien sûr, il y a les success stories, encore une fois, comme les Tortues Ninja, ou CLAMP (aux débuts du célèbre groupe de mangakas), mais on ne va pas se mentir : pour les indépendants, c’est un peu la galère. Et bien entendu, les jaloux et les rageurs ne manquent pas. Vous aurez toujours quelqu’un pour vous mettre des batons dans les roues. Vous aurez toujours un Jean-Charles pour mal noter votre livre sans l’avoir acheté.
Et surtout…
Vous aurez du mal à vous établir en tant qu’éditeur auprès des imprimeurs et des distributeurs avant d’avoir sorti votre premier titre. De fait, et c’est important de le savoir : les professionnels de la distribution vous demanderont quasiment TOUJOURS d’avoir au moins deux ou quatre titres déjà sortis avant de vous aider. C’est une sécurité pour eux, et quelque part, un moyen pour vous de prouver que vous êtes sérieux.
Il y a aussi le problème des réseaux. Les éditeurs qui ne comptent plus que sur votre communauté TikTok pour vous repérer. Les gens qui voient les chiffres avant l’humain.
Mais c’est un sujet pour un autre jour.
Aujourd’hui, je veux vous parler d’un truc important.
Si vous voulez vendre vos livres en auto-édition, vous allez devoir vous faire connaître, et ça, bah… Dans un marché méga saturé, c’est pas simple. J’ai la chance que Bienvenue au Pandémonium soit relativement apprécié, mais Blind Chronicles peine à démarrer parce qu’il est dans une catégorie déjà bien remplie, et ça, je m’y attendais. Je n’en veux à personne, je m’accroche juste comme je peux.
Admettons que vous soyez un pro de TikTok et Instagram : vous allez vous vendre auprès de votre communauté, vous allez leur dire d’aller sur votre site, sur Amazon, éventuellement sur Kobo…
Et c’est déjà très bien. Franchement, je ne dis pas ça de façon sarcastique. Si vous n’avez pas votre propre auto-entreprise, Amazon et Kobo, c’est déjà super, et ça PEUT marcher. Par contre, Amazon prend une sacrée marge.
Admettons que vous ayez votre auto-entreprise.
Vous pouvez chercher un distributeur.
Qui fera en sorte que votre livre soit disponible partout. Les libraires pourront le commander, et les revendeurs aussi. Un distributeur-diffuseur s’assurera que vous soyez VRAIMENT sur TOUTES les plateformes ET potentiellement en librairie (mais ça, c’est au libraire ou au lecteur d’en décider !). Et avec l’arrivée de l’impression à la demande, qui permet de vendre des livres imprimés sans avoir à stocker des cartons pleins à craquer dans votre garage, les auto-édités ont plus facilement accès à tout ça. Certains distributeurs-diffuseurs, comme Immatériel (par qui je passe), proposent la distribution numérique ET physique. Le seul “couac”, c’est le surcoût lié à la bande-passante, mais ça, c’est partout. Si vous publiez un livre LOURD, comme une BD ou un livre illustré, vous aurez ce surcoût à prendre en compte. En général, ce n’est pas très “conséquent”, mais il faut y penser. Par contre, si vous vendez uniquement des romans sans images, ne vous inquiétez pas de ça.
Immatériel n’a qu’un défaut à mes yeux : ils n’impriment qu’en noir et blanc. Les nuances de gris sans trames (les petits points dans les mangas, quand une zone du dessin est grisée), ça ne passe pas, et la couleur non plus.
Et je SAIS que pour l’impression à la demande, c’est un problème présent chez bon nombre de distributeurs-diffuseurs.
J’adore Immatériel. Je travaille avec eux depuis longtemps, je suis toujours passée par eux pour mes livres. Aucun regret.
Sauf cette histoire de couleur, puisque je ne peux pas imprimer mes BD couleur par leur biais.
Alors, j’ai contacté un imprimeur, que je nommerai plus tard sur ce site (chuuut), et je leur ai expliqué ce que je cherchais, etc. Je n’entrerai pas dans les détails, mais long story short : ça s’est super bien passé.
Et surtout : il s’agit d’un imprimeur, pas d’un distributeur, ce qui veut dire que je peux rester chez mon distributeur et continuer mon travail sans sacrifier mes rêves d’impression couleur.
Mais alors, me direz-vous, c’est quoi l’intérêt ?
Eh bien…
Même à l’ère du numérique, nous sommes encore nombreux à préférer le papier. Fuck l’IA, déjà, MORT à l’IA, fuck Midjourney et ChatGPT, gloire au papier et à l’humain ! ATTENTION cela dit : un abonnement Kindle ou Kobo +, c’est bien, et ça permet de découvrir un livre sans avoir à l’acheter en papier. Par ailleurs, je sais qu’il y a des gens qui préfèrent ça, et je respecte.
Maaaais, je reconnais que j’aime tenir mes livres entre mes mains. Quand je reçois des exemplaires de mes mangas avec trames, soigneusement imprimés par Immatériel, je suis contente. J’ai mes bébés avec moi, et ça me va.
Cela dit, l’impression à la demande a ses limites, comme je vous l’ai dit plus haut. Or, j’ai deux envies :
Vendre des livres en couleur, qu’il s’agisse de light-novels ou de BDs.
Vendre des mangas dans le sens de lecture traditionnel : de droite à gauche.
Et pour ça, j’ai besoin d’un imprimeur.
Et c’est là que je veux en venir : cherchez. Renseignez-vous. Perso, pour le numérique et le monochrome, je suis très satisfaite des services d’Immatériel.
Et je pense pouvoir dire que j’ai trouvé un super imprimeur pour le reste.
Ce qui veut dire que si tout va bien, je serai peut-être en mesure de vous proposer des versions imprimées de mes titres en couleur dans un futur proche !
Bonne lecture, et surtout…
Bisous !